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Affections du rachis

Déformation rachidienne de l'adulte

La déformation rachidienne de l'adulte (DRA) est une courbure tridimensionnelle de la colonne vertébrale chez l'adulte : courbure latérale (scoliose), enroulement antérieur (cyphose) et perte de la courbure lombaire (lordose). Elle se développe le plus souvent sur un fond dégénératif lié à l'âge, provoquant des douleurs dorsales, une posture penchée en avant et un déséquilibre. Le concept d'équilibre sagittal est central dans le traitement.

Dernière mise à jour: 2026-06-06

Définition

La déformation rachidienne de l'adulte (DRA) décrit une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale chez l'adulte arrivé à maturité squelettique. Ses composantes incluent une courbure latérale dans le plan coronal (scoliose, angle de Cobb >10°), un enroulement antérieur dans le plan sagittal (cyphose) et un aplatissement de la lordose lombaire avec déséquilibre sagittal (posture du tronc inclinée vers l'avant). Contrairement à la scoliose idiopathique de l'adolescent, la DRA est dominée par la douleur et la perte de fonction.

Causes et classification

Le type le plus fréquent est la déformation de novo (dégénérative primaire) : perte de hauteur discale, arthrose facettaire, dégénérescence asymétrique et fractures ostéoporotiques entraînent une courbure progressive au fil du temps ; le patient type est une femme âgée atteinte d'ostéoporose. Les autres causes comprennent la progression à l'âge adulte d'une scoliose idiopathique de l'enfance, une déformation iatrogène après chirurgie antérieure, et des causes secondaires (maladie neuromusculaire, anomalies congénitales, infection, tumeur). L'âge, le sexe féminin, l'ostéoporose, le tabagisme et l'obésité sont les principaux facteurs de risque. La prévalence augmente nettement avec l'âge.

Paramètres spino-pelviens et équilibre sagittal

L'équilibre sagittal est le principal déterminant du résultat fonctionnel dans la déformation de l'adulte, et il est défini par des paramètres mathématiques : l'incidence pelvienne (PI, un angle anatomique individuel fixe), la version pelvienne (PT, un marqueur de compensation), la pente sacrée (SS) et la relation PI = PT + SS. La lordose lombaire idéale doit être proche de la valeur de PI (plus l'écart PI-LL est grand, plus le déséquilibre est important). Lorsque la distance entre une verticale abaissée depuis C7 et le sacrum (SVA) dépasse 5 cm, la limitation fonctionnelle, la douleur et le risque de chute augmentent. La classification SRS-Schwab combine ces paramètres avec le type de courbe.

Symptômes

La plainte la plus fréquente est une douleur dorsale qui s'aggrave en position debout et à la marche et s'atténue partiellement au repos. En cas de déséquilibre sagittal, le patient compense en fléchissant les hanches et les genoux pour se tenir droit ; cela entraîne une fatigue précoce et, dans les cas avancés, une posture penchée en avant, le regard tourné vers le sol. Une sténose canalaire associée provoque des douleurs des jambes et une claudication neurogène, et une compression de racine nerveuse une radiculopathie. Une modification de l'apparence (enroulement, asymétrie du tronc, perte de taille) et une réduction de la qualité de vie sont fréquentes.

Diagnostic

La base du diagnostic est la radiographie de la colonne entière (36 pouces) en position debout. Le cliché de face mesure l'angle de Cobb, l'équilibre coronal et le niveau des épaules/du bassin ; le cliché de profil mesure la cyphose thoracique, la lordose lombaire et les paramètres spino-pelviens (PI, PT, SS, SVA). L'IRM montre la compression des racines et du canal et la dégénérescence discale. La TDM est utilisée pour l'anatomie osseuse et la planification chirurgicale (placement des vis pédiculaires). L'imagerie 3D debout à faible irradiation (EOS) aide à la mesure des paramètres et à l'évaluation de la compensation des membres inférieurs. La densitométrie osseuse est importante pour évaluer l'ostéoporose.

Options thérapeutiques

Les patients présentant des symptômes légers à modérés et sans déséquilibre marqué sont pris en charge de façon conservatrice : exercice et kinésithérapie, renforcement du tronc, gestion de la douleur, traitement de l'ostéoporose et, dans des cas sélectionnés, infiltrations. La chirurgie est envisagée en cas de déformation évolutive, de déséquilibre sagittal marqué, de douleur réfractaire et de déficit neurologique. L'objectif est une décompression adéquate associée à la restauration de l'équilibre sagittal/coronal et de la lordose. Les techniques comprennent l'arthrodèse postérieure et l'instrumentation, l'arthrodèse intersomatique et, au besoin, des ostéotomies (PSO, VCR) ainsi que des approches mini-invasives. La chirurgie de la DRA est une intervention majeure aux taux de complications et de reprise potentiellement élevés, de sorte que la sélection des patients et la planification chirurgicale sont déterminantes.

Pronostic et complications

Chez les patients correctement sélectionnés, la restauration de l'équilibre apporte une nette amélioration de la douleur et de la fonction. Cependant, la chirurgie de la DRA est connue pour ses taux de complications élevés ; une cyphose jonctionnelle proximale (PJK), une pseudarthrose, une infection et une défaillance de l'implant peuvent survenir, avec un risque accru chez les patients âgés et ostéoporotiques. Pour réduire les complications, l'ostéoporose est optimisée, des mesures d'épargne de la perte sanguine sont utilisées et des stratégies d'arthrodèse appropriées sont appliquées. Les résultats varient individuellement selon l'âge, la qualité osseuse et la sévérité de la déformation.

Références

  1. Greenberg MS. Greenberg's Handbook of Neurosurgery. 10th ed. Thieme; 2023:1352-1361.
  2. Winn HR, ed. Youmans Neurological Surgery. 6th ed. Saunders; 2011.
  3. Schwab F, et al. Scoliosis Research Society—Schwab Adult Spinal Deformity Classification. Spine. 2012.
Auteur / Éditeur
Comité éditorial médical BVS Doctors
Spécialiste en neurochirurgie
de nombreuses années d'expérience spécialisée

Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un examen médical. Le diagnostic et le traitement sont individuels.