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Traumatisme crânien et rachidien

Encéphalopathie traumatique chronique

L'encéphalopathie traumatique chronique (ETC/CTE) est une maladie neurodégénérative progressive qui se développe au fil des années à la suite de traumatismes crâniens répétés et d'impacts mineurs. Elle se caractérise par une accumulation anormale de protéine tau dans le cerveau. On l'observe en particulier chez les pratiquants de sports de contact et chez les personnes exposées à des traumatismes crâniens répétés ; à l'heure actuelle, un diagnostic de certitude n'est posé qu'à l'examen post-mortem.

Dernière mise à jour: 2026-06-07

Définition

L'encéphalopathie traumatique chronique est une maladie neurodégénérative progressive qui se développe sur de nombreuses années à la suite de traumatismes crâniens répétés, de commotions et, en particulier, d'impacts mineurs n'entraînant pas de perte de connaissance (sous-commotions). Elle a été décrite principalement chez les pratiquants de sports de contact (football américain, boxe, rugby, sports de combat) et chez les militaires exposés à des lésions par effet de souffle. Les symptômes débutent généralement des années après le traumatisme.

Mécanisme et facteurs de risque

Les traumatismes répétés entraînent une lésion d'étirement cumulative des prolongements des fibres nerveuses (axones). Au cours de ce processus, la protéine tau, qui joue un rôle dans la stabilité de l'axone, s'accumule de façon anormale et forme des « enchevêtrements neurofibrillaires » dans les cellules nerveuses. La distribution de l'accumulation de tau est caractéristique de l'ETC et progresse en se propageant au fil du temps. Les principaux facteurs de risque sont le nombre et la sévérité des lésions, la durée de la carrière sportive, le début des traumatismes à un jeune âge et certaines prédispositions génétiques. Une ou deux commotions ne provoquent pas cette maladie ; le risque augmente avec des centaines à des milliers d'impacts répétés.

Symptômes

Les symptômes se regroupent généralement en deux catégories, comportementaux/thymiques et cognitifs. Les symptômes comportementaux comprennent dépression, impulsivité, accès de colère, modifications de la personnalité et anxiété. Les symptômes cognitifs sont des troubles de la mémoire, des difficultés de planification et d'organisation, des problèmes d'attention et, aux stades avancés, une démence. Aux stades avancés, des troubles du mouvement (lenteur de type parkinsonien, tremblement, troubles de l'équilibre) peuvent s'ajouter. Parmi les signes d'alerte précoces figurent des plaintes post-commotionnelles prolongées et des changements de personnalité.

Diagnostic

À l'heure actuelle, un diagnostic de certitude ne peut être posé que par l'examen post-mortem du cerveau (en mettant en évidence l'accumulation de protéine tau). Le diagnostic posé du vivant est de nature « ETC suspectée/possible » et s'évalue à l'aide de critères cliniques fondés sur un antécédent de traumatismes répétés et sur l'évolution progressive des symptômes cognitifs/comportementaux. L'IRM cérébrale n'est pas spécifique mais peut montrer des signes en faveur, tels qu'une diminution de volume (atrophie) des lobes frontaux et temporaux et une cavité du septum pellucidum. L'imagerie TEP ciblant la tau est au stade de la recherche. Les tests neuropsychologiques servent à évaluer le profil cognitif et à en suivre l'évolution ; des affections similaires (maladie d'Alzheimer, démence frontotemporale) sont envisagées dans le diagnostic différentiel.

Traitement et prévention

Il n'existe aucun traitement permettant d'arrêter ou d'inverser l'encéphalopathie traumatique chronique ; la prise en charge vise les symptômes. La stratégie la plus efficace est la prévention primaire : réduire les traumatismes crâniens répétés, revoir les règles et les mesures de protection dans les sports de contact, et appliquer rigoureusement des protocoles adaptés de récupération et de retour au jeu après une commotion. Des médicaments et une psychothérapie peuvent être utilisés pour les symptômes psychiatriques tels que la dépression et l'impulsivité, et une rééducation cognitive pour les symptômes cognitifs. Des mesures d'hygiène de vie telles que l'exercice régulier, une alimentation équilibrée, l'activité mentale et un bon sommeil soutiennent la santé cérébrale. Une surveillance rapprochée est importante en raison du risque de suicide.

Évolution

L'encéphalopathie traumatique chronique est une maladie progressive et son évolution varie selon le stade ; la détérioration peut être lente aux stades précoces et plus rapide aux stades avancés. Durant la période précoce, lorsque les symptômes comportementaux sont marqués, une attention particulière doit être portée au risque de suicide. Le soutien, l'éducation et l'aide psychosociale au patient et à sa famille sont des éléments importants du processus. L'évolution de la maladie varie d'une personne à l'autre et la recherche dans ce domaine est en cours ; les résultats individuels ne peuvent être garantis.

Références

  1. Greenberg MS. Greenberg's Handbook of Neurosurgery. 10th ed. Thieme; 2023:1111-1118.
  2. McKee AC, Stein TD, Nowinski CJ, et al. The spectrum of disease in chronic traumatic encephalopathy. Brain. 2013;136(Pt 1):43-64.
  3. Katz DI, Bernick C, Dodick DW, et al. National Institute of Neurological Disorders and Stroke consensus diagnostic criteria for traumatic encephalopathy syndrome. Neurology. 2021;96(18):848-863.
  4. Mez J, Daneshvar DH, Kiernan PT, et al. Clinicopathological evaluation of chronic traumatic encephalopathy in players of American football. JAMA. 2017;318(4):360-370.
Auteur / Éditeur
Comité éditorial médical BVS Doctors
Spécialiste en neurochirurgie
de nombreuses années d'expérience spécialisée

Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un examen médical. Le diagnostic et le traitement sont individuels.