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Neurochirurgie fonctionnelle et de la douleur

Névralgie d'Arnold (névralgie occipitale)

La névralgie occipitale est un syndrome céphalalgique caractérisé par une douleur neuropathique récurrente, intense, à type de décharge électrique, à la nuque, à l'arrière de la tête et au vertex, due à une irritation, une inflammation ou une compression des nerfs grand et/ou petit occipitaux. Le traitement est progressif : médicaments, blocs nerveux, rééducation et, dans les cas réfractaires, chirurgie de décompression ou stimulation du nerf occipital.

Dernière mise à jour: 2026-06-07

Définition

La névralgie occipitale se caractérise par une douleur neuropathique récurrente, intense, à type de décharge électrique, à la nuque, à l'arrière de la tête et au vertex, due à une irritation, une inflammation ou une compression du nerf grand occipital (issu de C2) et/ou du nerf petit occipital. Elle représente une proportion faible mais significative des céphalées chroniques. Le nerf grand occipital naît de la racine nerveuse C2 et atteint le cuir chevelu en traversant les muscles du cou (en particulier le semispinalis capitis) ; ces points de passage anatomiques sont sujets à la compression.

Causes et facteurs de risque

Dans les cas primaires (idiopathiques), aucune cause sous-jacente n'est identifiée. Les causes secondaires comprennent la spondylose cervicale et la discopathie dégénérative (en particulier aux niveaux C1-C2 et C2-C3), un traumatisme du cou (coup du lapin), un spasme des muscles du cou et une douleur myofasciale, une arthrite C1-C2 (polyarthrite rhumatoïde, arthrose), des lésions de la fosse postérieure, une malformation de Chiari, une radiculopathie cervicale et des causes systémiques de neuropathie telles que le diabète sucré.

Symptômes

La douleur est typiquement unilatérale (bilatérale dans certains cas), débute à la nuque et à l'arrière de la tête et peut irradier vers le vertex et les régions temporales. Elle est à type de décharge électrique, de coup de poignard ou de brûlure ; elle peut survenir par accès paroxystiques ou se surajouter à une douleur sourde continue. Les mouvements du cou (extension ou rotation de la tête), le coiffage, le port d'un chapeau et l'appui sur un oreiller peuvent déclencher la douleur. Un trouble sensitif (engourdissement ou hypersensibilité) et une allodynie peuvent être présents sur le trajet du nerf.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur l'examen clinique et un bloc nerveux diagnostique. À l'examen, la palpation sur le trajet du nerf grand occipital (sous la protubérance occipitale, en dehors de la ligne médiane) provoque une douleur intense (un signe de type Tinel), avec une modification sensitive dans la même zone. Lors du bloc diagnostique, un anesthésique local (avec un corticoïde si nécessaire) est injecté dans le nerf ; la disparition temporaire de la douleur confirme le diagnostic. Pour évaluer les causes secondaires, une imagerie cervicale et cérébrale (IRM/TDM) est réalisée afin de rechercher une spondylose cervicale, une pathologie C1-C2, des lésions de la fosse postérieure et une malformation de Chiari. Le diagnostic différentiel comprend la migraine, la céphalée de tension, la radiculopathie cervicale et l'artérite temporale.

Traitement médical (conservateur)

Le traitement de première intention est médicamenteux : anti-inflammatoires non stéroïdiens, myorelaxants et antalgiques des douleurs neuropathiques (gabapentine, prégabaline, antidépresseurs tricycliques). La rééducation (étirements cervicaux et exercices posturaux, étirements myofasciaux, TENS) joue un rôle de soutien. Dans la névralgie occipitale secondaire, le traitement dirigé vers la cause sous-jacente (rééducation dans la spondylose cervicale, corticoïdes dans l'artérite temporale) est essentiel.

Traitement interventionnel et chirurgical

Les blocs du nerf grand occipital sont à la fois diagnostiques et thérapeutiques : un anesthésique local, et souvent un corticoïde, sont injectés le long du trajet du nerf ; cela procure un soulagement temporaire (de quelques semaines à quelques mois) chez une proportion importante de patients et peut être répété par intervalles, sans toutefois constituer une solution permanente. Dans les cas réfractaires aux médicaments et aux blocs, une chirurgie de décompression (libération de la bande musculaire comprimant le nerf grand occipital) peut être réalisée et procure un contrôle durable de la douleur dans les cas adaptés ; les complications possibles sont une perte sensitive à la nuque et une infection de la plaie. Dans les cas chroniques réfractaires aux médicaments et à la chirurgie, la stimulation du nerf occipital (SNO) est une option de neuromodulation : des électrodes placées le long du trajet du nerf modulent la perception de la douleur ; elle est réversible et réglable. Des procédures de radiofréquence peuvent aussi être utilisées dans des cas sélectionnés.

Pronostic

La névralgie occipitale est généralement une affection qui répond au traitement. Les blocs nerveux procurent un soulagement temporaire chez la plupart des patients ; dans les cas réfractaires, la chirurgie de décompression ou la stimulation du nerf occipital peut offrir un bénéfice à long terme. Dans les cas secondaires, le pronostic dépend du caractère traitable de la cause sous-jacente. Comme elle peut coexister avec d'autres céphalées telles que la migraine chronique, un diagnostic précis et, si nécessaire, un traitement combiné sont importants. Le plan de traitement est individualisé pour chaque patient, et aucun résultat ne peut être garanti à l'avance.

Références

  1. Greenberg MS. Greenberg's Handbook of Neurosurgery. 10th ed. Thieme; 2023:541-543.
  2. Headache Classification Committee of the International Headache Society (IHS). The International Classification of Headache Disorders, 3rd edition. Cephalalgia. 2018;38(1):1-211.
  3. Dougherty C. Occipital neuralgia. Curr Pain Headache Rep. 2014;18(5):411.
Auteur / Éditeur
Comité éditorial médical BVS Doctors
Spécialiste en neurochirurgie
de nombreuses années d'expérience spécialisée

Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un examen médical. Le diagnostic et le traitement sont individuels.