Spondylolisthésis
Le spondylolisthésis est le glissement vers l'avant d'un corps vertébral sur celui situé en dessous, le plus souvent en L4-L5 et L5-S1. Chez l'enfant, il est habituellement dû à un défaut de l'isthme (isthmique), tandis que chez l'adulte il est dégénératif. Il peut provoquer une lombalgie, des douleurs des jambes et une difficulté à marcher, bien que de nombreux cas de bas grade soient asymptomatiques.
Dernière mise à jour: 2026-06-06
Définition
Le spondylolisthésis (du grec « colonne vertébrale » et « glissement ») est le déplacement vers l'avant d'un corps vertébral sur la vertèbre située en dessous. Il est le plus fréquent dans la colonne lombaire, en particulier en L4-L5 et L5-S1. Un défaut du pont osseux étroit appelé pars interarticularis (spondylolyse), ou une dégénérescence du disque et des articulations facettaires, prédispose au glissement vers l'avant. À mesure que le glissement progresse, le canal rachidien et le foramen neural se rétrécissent.
Causes et classification
Selon la classification de Wiltse, les principaux types sont : dysplasique (congénital), isthmique (défaut de l'isthme — fracture de stress ou isthme allongé), dégénératif (dégénérescence discale et facettaire, le plus souvent en L4-L5), traumatique, pathologique (maladie osseuse métabolique, tumeur, infection) et iatrogène (chirurgie antérieure). Le type isthmique est plus fréquent chez les hommes et les sportifs (gymnastique, lutte, football), tandis que le type dégénératif prédomine chez les femmes ménopausées. Des antécédents familiaux augmentent le risque.
Grade du glissement (classification de Meyerding)
L'importance du glissement est gradée par rapport au diamètre antéropostérieur du corps vertébral sous-jacent : grade I (0-25 %), grade II (26-50 %), grade III (51-75 %), grade IV (76-100 %) et grade V / spondyloptose (plus de 100 %, la vertèbre supérieure ayant entièrement glissé vers l'avant). Les grades I-II sont habituellement légèrement à modérément symptomatiques, tandis que les grades plus élevés sont associés à des douleurs sévères, une déformation et des complications neurologiques. Des paramètres spino-pelviens tels que l'angle de glissement et l'incidence pelvienne sont également importants dans l'évaluation.
Symptômes
La plainte la plus fréquente est une lombalgie axiale qui s'aggrave lors de la station debout prolongée, de la flexion et du mouvement vers l'arrière (extension) et qui s'atténue à la flexion antérieure et au repos. La compression d'une racine nerveuse produit une douleur radiculaire des jambes (la racine L5 atteignant le dessus du pied et le gros orteil, la racine S1 l'arrière de la jambe et le bord externe du pied). En cas de sténose canalaire associée, une douleur des jambes à la marche (claudication neurogène) apparaît. Les cas avancés peuvent présenter une faiblesse musculaire, une raideur des ischio-jambiers ainsi que des anomalies posturales et de la marche ; rarement, un syndrome de la queue de cheval constitue une urgence. De nombreux glissements de bas grade sont asymptomatiques.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur l'évaluation clinique et l'imagerie. Une radiographie de profil en position debout montre le grade du glissement ; les incidences obliques révèlent un défaut de l'isthme sous l'aspect du « petit chien écossais », et les clichés en flexion-extension évaluent l'instabilité dynamique. L'IRM met en évidence une compression des racines nerveuses et de la queue de cheval, une atteinte discale et un rétrécissement canalaire. Le scanner montre le mieux le défaut de l'isthme et l'anatomie osseuse ; en cas de suspicion de fracture aiguë de l'isthme, la scintigraphie/SPECT ou les séquences STIR sont utilisées. L'EMG aide à confirmer une radiculopathie.
Options thérapeutiques
Pour les cas de bas grade et peu symptomatiques, l'approche est conservatrice et contrôle les symptômes chez la plupart des patients : modification de l'activité, gestion du poids, exercices de stabilisation du tronc et de souplesse, traitement antalgique/AINS, infiltration de corticoïdes épiduraux dans des cas sélectionnés, et port d'un corset pour les lésions aiguës de l'isthme chez l'enfant. La chirurgie est envisagée en cas de déficit neurologique progressif, de syndrome de la queue de cheval, de douleur ne répondant pas au traitement conservateur, et de glissements de haut grade ou évolutifs. Les options chirurgicales comprennent la décompression, la décompression in situ associée à une arthrodèse, la réduction associée à une arthrodèse si nécessaire, et les techniques d'arthrodèse intersomatique (TLIF, PLIF, ALIF) ; des méthodes mini-invasives sont utilisées dans les cas appropriés.
Suites postopératoires et pronostic
Après une arthrodèse, l'hospitalisation dure habituellement quelques jours, avec une mobilisation précoce et une prophylaxie de la thrombose veineuse profonde. Un corset peut être porté pendant 6 à 12 semaines selon l'avis du chirurgien, et les ports de charges lourdes et les mouvements de torsion sont limités. Le retour à un travail de bureau prend environ 6 à 8 semaines et à un travail physique 3 à 6 mois. La plupart des patients évoluent favorablement avec un traitement conservateur, et les patients chirurgicaux correctement sélectionnés présentent un taux élevé de réussite de l'arthrodèse et d'amélioration clinique. Les résultats varient individuellement selon le grade du glissement, l'âge et l'état général.
Références
- Greenberg MS. Greenberg's Handbook of Neurosurgery. 10th ed. Thieme; 2023:1337-1340.
- Winn HR, ed. Youmans Neurological Surgery. 6th ed. Saunders; 2011.
- North American Spine Society (NASS) — Clinical Guidelines: Degenerative Lumbar Spondylolisthesis.
Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un examen médical. Le diagnostic et le traitement sont individuels.