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Neurochirurgie fonctionnelle et de la douleur

Torticolis (dystonie cervicale)

Le torticolis (dystonie cervicale) est la dystonie focale la plus fréquente, caractérisée par une posture anormale de la tête (tournée, inclinée, fléchie ou en extension) causée par des contractions involontaires, soutenues ou intermittentes des muscles du cou. Les injections de toxine botulique sont le pilier du traitement ; dans les cas réfractaires, une stimulation cérébrale profonde du globus pallidus interne (SCP-GPi) peut être utilisée.

Dernière mise à jour: 2026-06-07

Définition

La dystonie cervicale (torticolis spasmodique) est la dystonie focale la plus fréquente, dans laquelle des contractions involontaires, soutenues ou intermittentes des muscles du cou amènent la tête dans une position anormale. Elle est généralement plus fréquente chez la femme, avec un début typique à l'âge adulte à l'âge moyen. Sa physiopathologie implique un dysfonctionnement des ganglions de la base et des circuits cortico-striataux, une perte du contrôle inhibiteur et l'activation de programmes moteurs indésirables.

Types

Elle se divise en sous-types selon la posture de la tête : torticolis (la tête tourne d'un côté) est le plus fréquent ; laterocollis (la tête s'incline sur le côté) ; antérocollis (la tête fléchit vers l'avant) ; et le plus rare, rétrocollis (la tête s'étend vers l'arrière). La plupart des patients présentent une combinaison de ces schémas. Les principaux muscles impliqués sont le sterno-cléido-mastoïdien, le splénius de la tête, le trapèze, l'élévateur de la scapula et les muscles scalènes.

Causes et facteurs de risque

La grande majorité des cas sont des dystonies primaires (idiopathiques) ; certains comportent une prédisposition génétique (transmission autosomique dominante), mais la plupart sont sporadiques. Les causes secondaires comprennent les médicaments (dystonie tardive induite par les neuroleptiques), un traumatisme cervical, des lésions des ganglions de la base (infarctus, hémorragie), la maladie de Wilson et la sclérose en plaques. L'exclusion des causes secondaires est importante dans les cas à début précoce.

Symptômes

Les caractéristiques principales sont une posture anormale de la tête et une contraction des muscles du cou ; la contraction peut être soutenue (tonique) ou rythmique (clonique, tremblement dystonique). Une cervicalgie chronique accompagne l'affection chez une grande proportion de patients. Au stade précoce, les symptômes apparaissent par intermittence avec le stress et la fatigue, tandis que dans la maladie avancée ils peuvent devenir continus. L'astuce sensorielle spécifique de la dystonie (geste antagoniste) est fréquente : un toucher léger sur le menton, la joue ou le front corrige temporairement la posture de la tête. Les symptômes diminuent habituellement pendant le sommeil et le repos. La posture anormale peut entraîner une anxiété sociale, une perte d'emploi et une réduction de la qualité de vie.

Diagnostic

Le diagnostic est clinique ; l'anamnèse et l'examen physique sont habituellement suffisants. Les éléments en faveur sont des contractions involontaires du cou, une posture anormale de la tête, une astuce sensorielle positive et une réduction des symptômes au repos. Pour exclure des causes secondaires, une IRM cervicale et cérébrale est réalisée ; la céruloplasmine et le cuivre urinaire sont contrôlés chez les patients jeunes pour la maladie de Wilson. L'électromyographie (EMG) n'est pas systématique pour le diagnostic mais aide à identifier les muscles cibles pour l'injection de toxine botulique. Le diagnostic différentiel comprend le torticolis musculaire congénital, la dystonie psychogène, la radiculopathie cervicale et les lésions de la fosse postérieure.

Traitement médical (conservateur)

L'injection de toxine botulique est le traitement de première intention et le plus efficace. Elle est administrée dans les muscles impliqués (sterno-cléido-mastoïdien, splénius, trapèze, élévateur de la scapula) sous guidage anatomique ou EMG ; en bloquant la libération d'acétylcholine, elle réduit les contractions et corrige la posture. L'effet débute en 1 à 2 semaines, dure environ 3 à 4 mois et nécessite des injections répétées à intervalles réguliers. Les effets secondaires possibles comprennent une difficulté transitoire de déglutition (dysphagie) et une faiblesse du cou. Les médicaments oraux (anticholinergiques, baclofène, clonazépam) sont moins efficaces et sont généralement utilisés en adjuvant. La kinésithérapie, l'apprentissage postural, l'enseignement de l'utilisation de l'astuce sensorielle et la prise en charge de la douleur jouent un rôle de soutien.

Traitement chirurgical : stimulation cérébrale profonde (SCP-GPi)

Chez les patients réfractaires à une toxine botulique et à un traitement oral maximaux et dont la fonction est nettement altérée, une stimulation cérébrale profonde bilatérale du globus pallidus interne (GPi) est envisagée. La stimulation à haute fréquence réduit les contractions dystoniques ; une amélioration significative peut être obtenue dans les cas appropriés, et l'effet persiste à long terme. Les complications possibles comprennent une dysarthrie (trouble de la parole), une infection et une hémorragie. Une dystonie primaire, une fonction cognitive préservée et un âge approprié sont des déterminants importants dans la sélection des candidats.

Pronostic

La dystonie cervicale est généralement une affection chronique ; une rémission spontanée et durable est rare. Le traitement par toxine botulique apporte une amélioration marquée de la douleur et de la posture chez la plupart des patients, mais le traitement doit être poursuivi. Dans les cas réfractaires, la SCP peut offrir une amélioration à long terme. Un diagnostic et un traitement précoces réduisent les modifications dégénératives secondaires causées par une posture anormale chronique. Le plan de traitement est individualisé pour chaque patient, et aucun résultat ne peut être garanti à l'avance.

Références

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  4. Simpson DM, Hallett M, Ashman EJ, et al. Practice guideline update summary: Botulinum neurotoxin for the treatment of blepharospasm, cervical dystonia, adult spasticity, and headache. Neurology. 2016;86(19):1818-1826.
Auteur / Éditeur
Comité éditorial médical BVS Doctors
Spécialiste en neurochirurgie
de nombreuses années d'expérience spécialisée

Cet article est à titre informatif et ne remplace pas un examen médical. Le diagnostic et le traitement sont individuels.